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MILLE FEUILLES
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Compte rendu du Mille feuilles du 20 Février à la médiathèque d’AUSSILLON

Trois « coups de cœur »

La couleur du lait de Nell LYSHOW : une histoire d’enfant délaissée vivant dans une ferme au 19 ème siècle. Elle se retrouve chez un pasteur et une nouvelle vie commence pour elle…

Pour en finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard LOUIS : c’est le premier roman d’un jeune écrivain familier de l’œuvre de Pierre Bourdieu. L’auteur raconte son enfance dans un village de Picardie. On y vit comme on peut, du travail à l’usine et des ménages, l’alcool, la violence font partie du quotidien. Eddy est incompris par sa famille et harcelé par ses camarades de classe en raison de son homosexualité. Trouvera t-il une reconnaissance dans les études de lettres qu’il entreprend ?

Amours de Leonor de RECONDO : c’est une jeune femme écrivain et aussi une violoniste virtuose qui signe avec cet ouvrage un hymne à l’amour maternel et à la chair. Ce sont des secrets nombreux qui nous sont révélés dans un huis clos, celui d’une maison bourgeoise et ce au début du 20 ème siècle.

La séance s’est poursuivie par des échanges suite à la lecture du livre : Pas pleurer de Lydie SALVAYRE (prix Goncourt 2014) ces propos résumés sont ceux d’une quinzaine de lecteurs présents pour la circonstance.

Tout d’abord l’audition de la chanson MARIA de Jean FERRAT nous a replongé dans les déchirements familiaux qu’entraînent les guerres, et les guerres civiles en particulier.

Puis quelques mots ont rappelé le drame qu’a été la guerre d’Espagne, le souvenir douloureux qui persiste malgré les décennies qui nous en séparent, d’autant plus que de nombreux réfugiés espagnols sont restés dans notre région.

Pour éclairer davantage cette période douloureuse, plusieurs personnes présentes ont témoigné de leur propre histoire familiale avec beaucoup d’émotion. Le livre « Pas pleurer » a servi pour elles de « miroir » ravivant des moments difficiles mais aussi l’espoir qu’avait suscité la République espagnole. Toutes ont insisté sur le très mauvais accueil fait aux réfugiés par les Français de l’époque (ici à Mazamet quelques uns ont cependant bénéficié de l’aide apportée par l’industriel Albert Vidal et le docteur Gustave Bonneville).

Pour en revenir au livre, l’auteur écrivain reconnue et aussi psychologue, donne la parole à sa mère âgée Montsé qui lui raconte le début de la guerre civile en utilisant des mots parlés dans une langue mi française mi espagnole. Ceci rend son discours très personnel et réussit à émouvoir les lecteurs qu’ils aient été concernés par cette Histoire ou non. Certains lecteurs ont tout de même été un peu gênés par les phrases écrites en espagnol et non traduites et pour retrouver la parole de Bernanos il vaut mieux lire son livre, Les grands cimetières sous la lune.

Ce qui fait aussi l’originalité du roman et l’enrichit c’est la double parole donnée à deux témoins très différents par leur position sociale, leur âge, leur conviction, à savoir, Georges BERNANOS journaliste vivant à l’époque à Majorque aux Baléares et qui bien que catholique fervent et pro Franco va dénoncer avec force les massacres commis contre des centaines de républicains avec la bénédiction des évêques locaux ; et d’autre part Montsé une jeune fille d’un petit village pauvre qui s’enflamme avec son frère pour l’espoir de changement qu’apporte les idéaux de partage communiste.

Ceci permet de poser des questions fondamentales sur la violence inhérente à toute guerre quelque soit les idées défendues, sur le rôle de la religion dans les conflits, mais aussi sur la complexité des points de vue des témoins ou participants d’événements quels qu’ils soient.

Le rôle de l’écrivain n’est-il pas alors de donner la parole ou les paroles, de mettre le récit en forme de roman afin que le lecteur y trouve son reflet et puisse le compléter par d’autres sources si nécessaire ? En tous cas c’est ce qu’a réussit Lydie Salvayre.

Pour avoir d’autres point de vue justement, certains ont recommandé la lecture du livre de Victoria HISLOP : Une dernière danse qui se passe à Grenade et qui sur fond de flamenco met en lumière le poète GARCIA LORCA et l’Histoire de la guerre d’Espagne écrite par l’historien américain H. THOMAS peut servir à replacer les événements dans leur contexte. En résumé la majeure partie des présents a apprécié la lecture de ce roman.

Bien d’autres idées et impressions pourraient être ajoutées à propos de ce livre, ce sera d’ailleurs possible de le faire à l’occasion du prochain rendez vous de J’MLIRE le 10 Mars lors du dîner littéraire au lycée hôtelier de Mazamet.



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La lecture n’offre à l’homme aucune explication définitive sur son destin mais tisse un réseau serré de connivences entre la vie et lui. Infimes et secrètes connivences qui disent le paradoxal bonheur de vivre alors même qu’elles éclairent l’absurdité tragique de la vie…   Daniel Pennac

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L’Association J’MLIRE a été créée en Avril 2011, à l’initiative de 8 femmes désireuses de s’impliquer dans des manifestations autour du livre et de la lecture : conférences,  rencontres littéraires…avec un temps fort, l’organisation d’un salon du livre « Délire de lire » à l’automne, rassemblant tous les acteurs des métiers du livre.