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MILLE FEUILLES
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Mille Feuilles du 14 juin 2013 au Bar de l’Apollo à Mazamet

Le thème de ce Mille-feuilles de juin était : « Profanes » publié chez Actes Sud

grand prix du livre RTL LiRE 2013

L'auteur, Jeanne Benameur, est née en Algérie de père tunisien et de mère italienne.

Arrivée à 5 ans à La Rochelle, elle a commencé à écrire très tôt, obtient un CAPES de lettres tout en suivant des cours de philo et d'histoire de l'art.

Professeur de lettres en milieu rural, puis en banlieue parisienne jusqu'en 2000 où elle se consacre uniquement à la littérature.

Parallèlement à son travail d'écrivain, elle anime des ateliers d'écriture auprès de jeunes en milieu carcéral, milieu auquel elle attache une grande importance: son père ayant été longtemps directeur de prison.

Cet environnement lui a donné un goût prononcé pour la liberté.

Elle a aussi une passion pour les enfants et se consacre beaucoup à la littérature pour la jeunesse.

Elle accorde également une grande place à la psychanalyse.

Dès 1979, elle organise des ateliers d'écriture en milieu rural avec des classes difficiles.

« Profanes »

Le sujet est posé des les premières pages :

« Réunir, ce n'est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. Il faut qu'entre eux se tisse quelque chose de très fort »

Ils sont quatre personnages et ne se connaissent pas. Un ancien chirurgien en cardiologie, âgé de 90 ans les a choisi pour composer une équipe chargée de l'escorter jusqu'au bout de sa vie, en découpant en quatre temps les jours et les nuits. 

Avec une écriture poétique, subtile, une grande justesse de ton, Jeanne Benameur nous fait entrer dans cette intimité où les personnages vont se croiser puis mêler leur vie, « petit à petit chacun se guérit auprès des autres ».

La découverte des personnages se fait pas à pas et ils rentrent peu à peu dans la vie de cet homme.

Ce chirurgien n’a pas voulu prendre le risque d'opérer sa fille victime d'un accident de la route et l'a confié à son meilleur ami. Elle meurt et sa femme le quitte.

La foi, le doute, les ombres mais aussi la joie, l'amour… y avons-nous accès ? Pouvons-nous enterrer les souvenirs ?

Étymologiquement parlant, le « profane » est celui qui reste à la porte du temple et au Moyen Age le chirurgien « profanait » les morts.

De nombreux symboles sillonnent ce livre qui, en cherchant le sacré, redonne foi en l’homme.

Octave, le chirurgien, va confier une photo de sa fille pour en faire un portrait dont la destination sera la tombe, comme ces peintures que l'on découvrit dans les caveaux du Fayoum et qui accompagnaient les morts dans leur périple

Octave aime aussi les haïkus, il lit les Evangiles et l’Ecclésiaste.

Chez lui il y a un tableau peint par Anne Slacik, qui suscite l’interrogation d’un des quatre personnages en faisant « miroir » avec ce peintre.

Donc, beaucoup de portes ouvertes à la réflexion dans un bain de tendresse et d’humanité.

La couverture de l’ouvrage est très belle et attire l'attention : le rouge du coquelicot est il celui du sang ? Les mains, « outils » du chirurgien, évoquent Rodin.

A nous de chercher quel sens donner à la vie. La parole reste ouverte pour continuer la discussion

« Présent ? »

Est un autre livre écrit par Jeanne Benameur en 2011.

Elle nous entraine dans un collège au dernier conseil de classe de l'année scolaire qui va décider des orientations.

Elle brosse le portrait de tous les acteurs d'un collège de banlieue: la principale, la documentaliste, les « profs », les élèves, les parents d'élèves,  la femme de ménage…

Avec un style plein de justesse, elle nous fait vivre l'angoisse, l'amertume, l'incertitude, le découragement mais aussi un espoir : les ateliers d'écriture, chers à Jeanne Benameur, peuvent donner leur chance et sauver des enfants rejetés par le système. L’école ne devrait-elle pas donner des leçons de « joie » et apprendre à  « grandir » ? Tout un programme…

« Semmelweis »

Thèse de médecine de l'auteur Louis Ferdinand Céline, soutenue en 1924 et publiée en 1936. Céline se distingue déjà par la particularité de son écriture.

Dans son style inimitable il nous brosse le portrait de Semmelweis, étudiant hongrois qui vient apprendre la médecine à Vienne.

En 1845 Semmelweis devient professeur assistant dans une grande maternité de Vienne.

Ce livre nous décrit « la danse macabre » orchestrée par la fièvre puerpérale qui décime les maternités de la capitale autrichienne.

Semmelweis remarque que les étudiants en médecine examinent les femmes en travail après avoir disséqué les cadavres sans se laver les mains. Il engage alors un combat pour que les médecins accoucheurs utilisent pour se désinfecter une solution de chlorure de chaux.

Malgré des résultats spectaculaires sur la mortalité, il se heurte au mandarinat et sa méthode est sabotée. Seul, contre tous il va sombrer dans la folie.

Son combat de « précurseur de l'asepsie », qui sera repris 40 ans plus tard par Pasteur, reste d'actualité surtout dans la lutte contre les infections nosocomiales.

« La photographie d'abord »

Jean Marc Le Souanec nous présente ce recueil de photos de Jean Dieuzaide.

Ce photographe toulousain, né en 1921 et disparu en 2003 éprouve très jeune une passion pour la photographie.

Lancé par une photo du Général de Gaulle, il devient photojournaliste avec de nombreux reportages dans la presse internationale.

Il sera en 1954 créateur et animateur à Toulouse de la Galerie du Château d' Eau.

Les clichés de Jean Dieuzaide nous replongent dans l'histoire de la Libération , de la 4ème République

Le photographe montre une attirance particulière pour la Méditerranée, l’Espagne, la tauromachie… et Toulouse où il nous invite à un mariage de funambules, place du

Capitole, avec un curé volant.

Un ouvrage à consulter avec bonheur.

« Le sel de la vie » de Françoise Héritier

Née le 15 novembre 1933 anthropologue, et ethnologue française. Levi-Strauss voyait en elle son successeur.

« Le sel de la vie » paru en 2012 est une méditation et une énumération de toutes les choses agréables de la vie en dehors des contraintes, qui peuvent rendre notre vie plus riche et plus intéressante.

« L'Écume des jours »

Dans le cadre de nos séances « du roman au film » au cinéma de Labruguière nous avons pu voir la représentation cinématographique, tirée du roman de Boris Vian par le cinéaste M. Gondry.

Ce roman de Boris Vian, publié en 1947, n'aura aucun succès de son vivant.

Les personnages évoluent dans un univers poétique, fantastique, parfois déroutant avec comme thèmes: l'amour, la maladie, la mort.

Le film réalisé par Michel Gondry a été très discuté.

Pour certains un film formidable de créativité, riche en effets spéciaux originaux.

D'autres ont trouvé le film insoutenable: trop long, mal desservi par des acteurs mal choisis , des scènes trop violentes.

L'occasion nous est donnée, de relire l'ouvrage de Vian et de connaître l'impact que ce film aura pu avoir chez les collégiens auxquels la lecture est conseillée.



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La lecture n’offre à l’homme aucune explication définitive sur son destin mais tisse un réseau serré de connivences entre la vie et lui. Infimes et secrètes connivences qui disent le paradoxal bonheur de vivre alors même qu’elles éclairent l’absurdité tragique de la vie…   Daniel Pennac

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L’Association J’MLIRE a été créée en Avril 2011, à l’initiative de 8 femmes désireuses de s’impliquer dans des manifestations autour du livre et de la lecture : conférences,  rencontres littéraires…avec un temps fort, l’organisation d’un salon du livre « Délire de lire » à l’automne, rassemblant tous les acteurs des métiers du livre.