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Mille feuilles au Pot éthique vendredi 20 septembre 2013

  • Sylvie GERMAIN, « Petites scènes capitales »

Liliane est née en 1945, sa mère décède lorsqu’elle a onze mois, « elle est partie au ciel ». Son père, Gabriel, se remarie et Lili, qui découvre à l’école que son vrai prénom est Barbara, doit se faire une place au milieu des enfants de sa belle-mère, ex mannequin, alors que des évènements familiaux tragiques touchent cette famille recomposée.

 Dans ce roman Sylvie Germain, par l'intermédiaire de Lili-Barbara (que nous suivrons sur quelques décennies) nous conduit à une quête de soi et de l'amour.

Elle nous amène à une réflexion sur les questions existentielles.

Petit à petit apparaissent les failles, les faiblesses, les secrets...

S.Germain, dans un style délicat, nous amène au plus profond de la singularité humaine, ses doutes, ses incertitudes et..."les petits riens qui ne sont jamais inexistants"

C'est aussi le temps qui passe, ponctué de pensées lumineuses sur les oiseaux, les arbres, l'eau, la musique ...et qui sont là comme pour apaiser les tensions.

  • Patrick CHAMOISEAU, « L’empreinte à Crusoé »

"L'Empreinte à Crusoé", 2012,  de Patrick Chamoiseau, auteur martiniquais (né à Fort de France ), précédemment prix Goncourt en 1992 pour Texaco .

 

"Patrick Chamoiseau revisite le chef-d’œuvre de Daniel Defoe".

Ainsi, après y  avoir évoqué les œuvres de Defoe et de Michel Tournier (Vendredi ou les limbes du  Pacifique), il se donne le but suivant : «  aller entre Defoe et Tournier, entre deux masses de lumière, trouver l'interstice. »

Plus personnel mais intéressant aussi : « j'aurais passé ma vie à écrire des intuitions qui viennent de mon enfance ».

 Une autre caractéristique du livre est sa ponctuation, essentiellement des points-virgules, dont il nous dit : « le point -virgule est un passeur d'énergie … »

Il s'agit donc de l'histoire d'un naufragé sur une île déserte, comme il se doit, sans mémoire et donc à « l'identité incertaine » . Il va commencer à en prendre conscience lors de la découverte de l'empreinte d'un pied humain imprimé dans le sable d'une plage. Cette confrontation avec « l'Autre » va provoquer chez lui diverses réactions allant « de la posture agressive et guerrière »  à la recherche de cet autre. C'est en fait une véritable « aventure intérieure ».

 

  • Julian BARNES, « Une fille qui danse »

Des souvenirs qui remontent à la surface, une réflexion sur l’objectivité, les « imperfections de la mémoire humaine » à travers plusieurs personnages et le narrateur lui-même.

Peut-on véritablement avoir un regard rétrospectif sur son existence ?

  • Armel JOB, « Loin des mosquées »

Quel est le poids des traditions dans la diaspora turque actuelle en Europe occidentale, en l’occurrence Belgique et Allemagne? A travers l’histoire d’un mariage arrangé l’auteur évoque le combat des femmes pour leur émancipation.

  • Noo SARO-WIWA, « Retour au Nigéria »

Née au Nigéria et vivant en Angleterre avec sa mère, Noo Sira Wiwa retourne chaque année dans son pays d’origine où son père, écrivain, a été assassiné par le dictateur Abacha. Elle n’aime pas ce pays mais le découvre, à travers sa corruption endémique, ses projets inachevés mais aussi sa population attachante et ses beautés naturelles. Une description sans tabous mais avec humour de ce vaste pays, un des plus peuplés et riches du continent africain mais où la majeure partie de la population vit difficilement.

  • Pierre LEMAITRE, « Au revoir là-haut »

Novembre 1918, la Grande Guerre se termine. Beaucoup sont irrémédiablement touchés dans leur chair et dans leur esprit, d’autres en tirent bénéfice. A travers le parcours de quelques personnages très typés, Pierre Lemaître, spécialiste de romans policiers, nous raconte l’immédiat après-guerre en France, période assez peu enseignée.

Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d'eux. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Édouard, artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l'exclusion. Refusant de céder à l'amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d'une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence... Et élever le sacrilège et le blasphème au rang des beaux-arts.

Bien au delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, ce roman est l'histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l'État, à la famille, à la morale patriotique, responsables de leur enfer. Dans la France traumatisée de l'après guerre qui compte son million et demi de morts, ces deux survivants du brasier se lancent dans une escroquerie d'envergure nationale d'un cynisme absolu.

Un officier d’origine aristocratique, promu capitaine à l’extrême fin du conflit, n’hésite pas à user de ses relations pour monter lui aussi une arnaque qui lui permettra de redorer son blason.

C’est aussi l’histoire des relations difficiles entre un père et son fils qu’il n’a pas compris.

A lire !

  • Zoya PIRZAD : « C’est moi qui éteint les lumières »

C’est un roman d’une écrivaine iranienne d’origine arménienne. Par petites touches à la « Tchékov » elle brosse le portrait d’une mère de famille au foyer. Clarisse vit dans le quartier arménien d’Abadan, dans l’univers cloisonné d’une société patriarcale. Avec un style plein de retenue et de pudeur, nous découvrons le cheminement de ses pensées, on y découvre des femmes en quête d’identité et de liberté.



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